Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 2.djvu/547

Cette page a été validée par deux contributeurs.
525
SABHA-PARVA.

que les dés sont mes flèches acérées ; apprends que la science des dés est ma corde d’arc, et le cornet [1] mon char de guerre. » 1968.

« Sire, ce prince habile aux dés, fit Douryodhana, peut enlever au jeu la fortune des fils de Pândou : veuille donc permettre le jeu. » 1969.

« Je suis, repartit Dhritarâshtra, soumis au conseil de mon frère le magnanime Vidoura ; je m’aboucherai avec lui et je saurai quel est son avis relativement à cette affaire. » 1970.

« Vidoura, c’est indubitable, en détournera ta pensée, répondit Douryodhana ; il soutient les intérêts des Pândouides ; il ne prend pas autant les miens, rejeton de Kourou. 1971.

» Un homme de sens n’entreprend jamais une affaire d’après le jugement d’autrui : il est impossible, auguste Kourouide, que deux hommes n’aient qu’une seule opinion sur la même affaire. 1972.

» Un lâche se sauve, quand il peut s’élever au-dessus de la crainte ; mais se montre-t-il mou comme l’herbe dans la saison des pluies, il succombe ! 1973.

» Ni les maladies, ni la mort ne demandent la santé ; c’est l’homme bien portant, qui, pendant qu’il vit, doit s’occuper de sa santé. » 1974.

« Mon fils, reprit Dhritarâshtra, il me déplaît souverainement d’engager une guerre avec des hommes puissants. La haine enfante le trouble de l’esprit ; et c’est là un trait bien aigu, quoiqu’il ne soit pas de fer. 1975.

» Fils de roi, tu as dans l’esprit une chose, qui est un

  1. Asphouran, mot inconnu à tous les Dictionnaires.