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LE MAHA-BHARATA.

raient de compagnie. «Hélas ! Youddhishthira, fils de Kourou !» disaient les uns. « Hélas ! Bhîma ! » s’écriaient ceux-ci. 5871.

« Hélas ! Phâlgouna ! » gémissaient les autres ; « Hélas, vous ! les deux jumeaux ! » soupiraient ceux-là. Pleins de tristesse, ils déploraient le sort de Kountî et célébraient la cérémonie de l’eau. 5872.

Le reste des citadins regrettait ainsi les fils de Pândou ; mais Vidoura ne fit pas éclater une très-vive douleur, car il savait sur le fond de cette chose plus que n’en savaient les autres. 5873.

Sortis de la cité de Vâranâvata, les cinq vigoureux fils de Pândou et leur mère, qui était la sixième, avaient donc atteint le fleuve du Gange. 5874.

Secondés par la force de leurs dix bras, la vitesse du courant et la fougue du vent, ils eurent touché bientôt à la rive ultérieure. 5875.

Là, abandonnant leur barque, ils s’avancèrent vers la plage méridionale, reconnaissant au milieu de la nuit leur chemin indiqué par les groupes des constellations. 5876.

À grande peine ils parvinrent sur l’orée d’un bois épais, où, épuisés de fatigue, tourmentés par la soif, aveuglés par le sommeil, les fils de Pândou 5877.

Adressèrent de nouveau ce langage au vigoureux Bhîmaséna : « Est-il ici-bas rien de plus malheureux ? car nous ne distinguons pas les plages du ciel dans cette forêt touffue, et nous ne pouvons plus marcher ? 5878.

» Nous ne savons pas si Pourotchana le méchant a péri dans l’incendie ! Comment nous délivrer de cette crainte, sans risque d’être vus ? 5879.

» Prends-nous donc une seconde fois et marche, vi-