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l’espace d’une heure depuis que le Dévarshi à la splendeur infinie avait tenu son discours et jugeant que Nârada était reposé entièrement, adressa un salut au milieu des rois et ces questions à l’anachorète, qui parcourt les mondes, au Dieu assis doucement, au-dessous duquel il était assis lui-même : 268-269-270.

« Ta divinité aussi rapide que la pensée parcourt sans cesse, en promenant ses regards sur eux, les mondes nombreux et de mainte sorte, que Brahma jadis a créés.

» Tes yeux auraient-ils déjà vu quelque part un palais tel ou plus beau que celui-ci ? Brahme, réponds à ma question ! » 271-272.

À peine eut-il entendu ce que lui demandait Youddhishthira, le fils de Pândou, Nârada lui répondit en souriant et d’une voix douce : 273.

« Je n’ai pas encore vu, mon enfant, ni même entendu citer parmi les hommes un palais tout de pierreries comme est celui-ci, rejeton de Bharata, comme est le tien, sire. 274.

» Mais je te parlerai du palais, où habite le roi des Mânes ; je te dirai le palais du sage Varouna, et celui d’Indra, et celui du Dieu, qui réside au mont Kaîlâsa.

» Je décrirai le palais divin de Brahma, d’où la souffrance est exilée ; céleste habitation, douée des célestes idées et qui a la forme de l’univers ; 275-276.

» Hantée par les Dieux, les troupes des Pitris, les Sâdhyas, les foules d’anachorètes sacrifiants, domptés, habiles, aux âmes comprimées, versés dans le sacrifice et les Védas ; je le décrirai, si tu penses, éminent Barathide, à me prêter l’oreille. » 277.

À ces mots du pénitent, Youddhishthira joignit au