Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 2.djvu/276

Cette page a été validée par deux contributeurs.
264
LE MAHA-BHARATA.

Là, tels que le feu s’étend sur une contrée, ces éminents héros, petits-neveux d’Andaka et de Bhodja-Vrishni, vont s’asseoir par centaines sur des trônes aux membres d’or, incrustés de corail et de pierreries, semblables aux flammes du feu et couverts des tapis les plus dignes d’envie. 7943-7944.

Là, au milieu de ces princes assis, comme une assemblée de Dieux, Sabhâpâla, environné de sa suite, dénonça l’action du victorieux Arjouna. 7945.

À ce récit, les héros Vrishnides, pleins d’orgueil et les yeux rougis par l’ivresse, se lèvent irrités, impatients de punir le fils de Prithâ. 7946.

« Attelez vîte les chars ! s’écrient-ils. Prenez vîte les flèches barbelées, les arcs de haut prix et les vastes cuirasses ! » 7947.

Les uns de crier à leurs cochers : « Attelez mon char ! » Les autres d’atteler eux-mêmes les coursiers aux ornements d’or. 7948.

Au milieu de ces clameurs, des chars amenés, des étendards et des cuirasses apportées, une immense confusion régnait parmi ces héros des hommes. 7949.

Semblable à une cîme du Kaîlâsa, paré d’une guirlande bocagère, ivre et saturé de liqueurs, Baladéva, le prince au vêtement noir, dit alors ces paroles : 7950.

« Que faites-vous, ignorants que vous êtes, irrités et poussant de vaines clameurs, tandis que Djanârdana se tient dans le silence, vous, qui ne savez pas quelles peuvent être ses dispositions ? 7951.

» Que ce prince à la grande sagesse nous dévoile maintenant sa pensée, et faites sans paresse ce qu’il aura jugé convenable de faire. » 7952.

À ce langage, que Haladhara leur avait présenté dans