Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 2.djvu/148

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
126
LE MAHA-BHARATA.

sachant de quels dangers ils étaient menacés par ces avides kshatryas. 6806.

» Ceux-là, voyant qu elles étaient, mon fils, une cause d’injure, donnent à ces princes autant de leurs richesses, qu’ils en désirent. 6807.

» Après cela, mon enfant, un certain kshatrya, creusant de lui-même le sol de la terre dans la mmson d’un Bhargavain, y trouva les richesses cachées. 6808.

» Tous les chefs réunis des kshatryas virent eux-mêmes ces trésors ; et la colère ensuite leur fit repousser avec mépris les Bhargavains qui vinrent demander protection.

» Ces guerriers aux grands arcs leur ôtèrent la vie à tous avec des flèches aiguës et parcoururent le globe entier, les détruisant jusqu’à l’enfant au sein de sa mère. 6809-6810.

» Après qu’ils eurent de cette manière anéanti les fils de Bhrigou, leurs veuves, chassées par la frayeur, s’enfuirent sur les flancs impraticables du mont Himavat.

» Une d’elle, femme aux belles cuisses, renferma, saisie de crainte, dans une de ses cuisses, pour l’accroissement de la race de son époux, l’enfant, qu’elle avait conçu, éclatant de splendeur. 6811-6812.

» Aussitôt qu’elle eut deviné le mystère de cet enfant, une brahmanî, tourmentée par la peur, s’en alla seule trouver les kshatryas et leur dévoila tout le secret. 6813.

» Les kshatryas sur le champ de partir, se hâtant pour tuer l’enfant non encore né, et voient la brahmanî comme enflammée de sa splendeur. 6814.

» Celui-ci tout à coup fend la cuisse de sa mère ; il en sort, et son éclat ravit aux yeux des kshatryas la faculté de voir, comme le soleil au milieu du jour. 6815.