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VIII
UN MOT

soit impossible, c’est la condition de cette Krishnâ dans la maison des Pândouides. Elle y était, dans le sens le plus littéral du mot, l’épouse commune des cinq frères, et si bien la femme de tous qu’elle avait donné à chacun d’eux un fils nommé dans ce volume :

« Elle eut Prativindya d’Youddhishtbira… ; elle donna Soutasoma pour fils à Bhîmaséna… Arjouna eut d’elle un fils : c’est le héros, qu’on appelle Çroutakarman. Nakoula dans elle engendra un dis, nommé Çatânika. Enfin, sous un astérisme consacré au Dieu du feu, elle donna le jour au fils, qu’elle avait conçu de Sahadéva et qui fut nommé Çroutaséna [1]. »

Tous, en commençant par Youddhishthira et descendant de l’un à l’autre, suivant les âges, jusqu’à Sahadéva, le plus jeune, épousent individuellement Draâupadî. La célébration des cinq mariages se trouve exactement décrite dans notre volume : les opinions pour et contre y sont débattues. Enfin, la légitimité de cette union, qui répugne si justement à nos idées et que repoussent avec dégoût nos mœurs plus pures, est fondée sur une vieille coutume, que rappelle un saint anachorète, Vyâsa lui-même, l’auteur supposé du Mahâ-Bhârala :

« Le péché est vertu ! s’écrie le père de la jeune fille. Je ne

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