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non seulement aucune contradiction, mais non pas même aucune velléité de penser autrement que lui. Nous verrons cela en plus grand détail quand nous nous occuperons du gouvernement parlementaire.

Qu’y a-t-il, cependant, au fond de ces étonnantes prétentions ? Qu’est-ce, au fond, que ce gouvernement qui se targue d’être le pays tout entier ? C’est un fonctionnaire que l’on a chargé ou que les circonstances ont chargé, ce qui revient au même pour le sociologue, d’assurer l’ordre dans le pays et de défendre le pays contre l’étranger. Il n’est rien de plus. Que faut-il donc lui donner ? La force nécessaire pour faire régner l’ordre dans le pays ; la force nécessaire pour défendre le pays contre l’étranger ; l’obéissance en ce qui regarde sa fonction d’assurer l’ordre dans le pays, l’obéissance et le dévouement en ce qui regarde sa fonction de défendre le pays contre l’étranger. Outre cela ? Rien. Rien absolument. Là où s’arrête sa fonction s’arrête, sinon son droit, du moins l’exercice légitime et raisonnable de son droit. Passé cette limite, il peut être dans son droit, mais il est déraisonnable, il est importun, il est fâcheux et il est stupide.

Le libéralisme intelligent consiste donc, non pas à affaiblir le pouvoir autant qu’on peut et sur tous les points, — cela aussi est stupide, — mais à tracer fermement la limite en deçà de laquelle le