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contre l’ennemi extérieur, on vous a dit par là que votre fonction se bornait là. Tout ce que vous ferez par delà, vous aurez tort de le faire, parce qu’on ne vous le demandait pas. Vous n’êtes pas un violateur de contrat précisément, puisqu’il n’y a pas eu de contrat ; mais vous êtes un mandataire infidèle.


Ainsi sont les choses, rationnellement. Historiquement elles ont partout été tout autres.

On comprend très facilement que l’agglomération, pour la défense, de clans séparés jusqu’alors, en un grand corps d’Etat, donnait au pouvoir central, non pas tout de suite, mais peu à peu, une force énorme, une force incalculable. Le pouvoir central, c’était la patrie ; c’était la patrie forte et c’était la patrie glorieuse, et c’était le point de sécurité, et c’était le point de lumière. Nous avons un exemple de cela, tout récent et par conséquent plus clair que ceux que nous pourrions prendre dans l’antiquité. La patrie allemande a été faite, avec une diligence merveilleuse, par Louis XIV, par Louis XV, par Napoléon Ier et par Napoléon III. La France, sans cesse conquérante du côté de l’Est, a fini par avoir raison de l’apathie naturelle des peuples germains et de leur amour pour leurs petites patries locales et pour leurs libertés municipales. Contre la France insupportable il a fallu enfin créer une grande patrie allemande, un camp de défense.