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en leurs lignes générales soient la charte même du libéralisme, je tenais à prendre l’affaire autrement qu’eux, et maintenant on voit assez pourquoi.

Non ; il n’y a pas de droits de l’homme. Il faut peut-être faire comme s’il y en avait ; mais il n’y en a pas. Je pourrai, au cours de ce volume et précisément couvert par ces premières réserves que je viens de faire, me servir du mot et ne pas me donner la peine de le biffer ; mais il n’y en a pas. Il y a une société. Cette société dont nous vivons et sans laquelle nous ne pourrions pas vivre a tous les droits. Elle serait stupide, comme je crois que je le démontrerai, d’user de tous ; mais elle les a tous. Son droit est indéfini, parce qu’il est illimitable. Il est illimitable en principe et en pratique. De quel droit et avec quoi l’individu le limiterait-il ? De quel droit ? Il naît. Qui lui a mis dans la main un titre de créance sur l’Etat ? — Avec quoi ? Il est tout seul. Que peut-il contre la société violant le prétendu droit qu’il a ? Protester ? C’est tout. La société s’en moque. La société a tous les droits, d’abord parce qu’elle les a, puisque personne n’en est pourvu ; ensuite parce que, ne les eût-elle pas, ce sera, dans la pratique, absolument comme si elle les avait. Ne les lui chicanons donc pas niaisement ou ingénieusement. Accordons-les-lui tous. — Maintenant voyons ceux dont elle doit user, ceux dont elle ne doit pas user, dans quelle mesure elle doit user de ceux qui lui sont utiles.