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devant le gouvernement, devant la police et devant la justice, et que pour l’être devant le gouvernement, devant la police et devant la justice, il faudrait qu’ils le fussent réellement, en force, en intelligence, en relations, en fortune, et que sans cette égalité réelle, l’égalité devant la loi, d’abord est peu de chose, et ensuite, même en ce peu de chose, n’est qu’un leurre. — On en dirait autant de l’admissibilité aux emplois publics, qui dépendra toujours de la naissance, de l’éducation et par conséquent de la fortune, des faveurs du gouvernement, et qui, par conséquent, ne sera sous le régime de l’égalité que quand l’égalité réelle sera établie ; et non pas même encore ; car encore le gouvernement restera, qui donnera les emplois publics à ses amis.

De tout cela il faut conclure que l’égalité n’est pas un droit, étant irréalisable, étant quelque chose dont on peut se rapprocher, mais non point qu’on peut atteindre, et un droit devant être quelque chose qu’on puisse donner tout entier et maintenir tout entier à celui qui le possède. La sûreté peut être considérée comme un droit ; j’ai le droit d’être en sécurité. L’égalité n’est pas un droit. J’ai le droit d’être égal à tout le monde ? Je l’ai, si je peux. C’est comme si l’on me disait : « Vous avez le droit d’être aussi intelligent que Renan. » Je l’ai si je le suis. On ne met pas de pareilles niaiseries dans un texte destiné à être immortel.

Ainsi, pour avoir mal posé la question, pour