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Voilà quelques-unes des raisons pourquoi les Français ont encore à faire leur éducation de libéralisme ; voilà quelques unes des raisons pourquoi ils sont aptes surtout, parce qu’ils y sont habitués, à subir le despotisme et encore plus, comme il est naturel, à l’exercer.

Et c’est ici que se présente, décidément, l’objection que le lecteur n’est pas sans avoir vu poindre depuis le commencement de ce volume et qui doit le préoccuper : chaque peuple, non seulement a le gouvernement qu’il mérite et, cela posé, les Français n’ont pas à se plaindre ; mais encore chaque peuple est plus à son aise que sous un autre, sous le gouvernement qu’il préfère, qu’il désire et qui est en rapport avec son caractère.

Cela est vrai ; et il est bien certain que les Français, sauf exception, ne souffrent point de la servitude et se trouvent plus confortables sous un gouvernement despotique que sous un gouvernement libéral ; mais en politique, comme en beaucoup d’autres choses, ce n’est pas son goût qu’il faut consulter, c’est son intérêt.

Moi aussi je ne serais pas fâché, en consultant mes goûts et mes passions, d’appartenir à un parti : cela donne de l’appui et de l’assiette ; on ne se sent pas isolé ; on se sent encadré, associé, engrené ; cela flatte et cela rassure ; cela caresse au dedans de nous « tout ce qui pousse l’homme à se mettre en troupeau » ; — je ne serais pas