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en sécurité ? La conséquence serait ou le partagisme ou le collectivisme. Il n’est pas probable que les auteurs des Déclarations aient pris les choses en ce sens. Ils ont voulu dire sans doute que celui qui possède a droit de garder, et qu’on ne peut pas ôter son bien à celui qui en a un. Mais alors, voilà un « droit de l’homme » qui est un privilège de quelques hommes ! II aurait peut-être fallu s’expliquer.

Par ces mots « l’égalité est un droit de l’homme », faut-il entendre que tous les hommes sont égaux et que qui est au-dessus de moi viole mon droit ? La conséquence serait le partagisme, le collectivisme et le « socialisme d’Etat » absolu. Ici, à la vérité, les rédacteurs se sont expliqués. Ils ont limité le droit qu’ils proclamaient. Ils ont ajouté : « Tous les hommes sont égaux par la nature et devant la loi. — La loi est la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. — Tous les citoyens sont également admissibles aux emplois publics. » Voilà à quoi se réduit le droit de l’homme à l’égalité. Je n’ai pas besoin de dire que les rédacteurs n’ont pu ainsi faire passer l’égalité comme un droit de l’homme qu’en le réduisant à quasi rien. « Egaux par la nature » n’est qu’une phrase, d’une fausseté ridicule du reste. « Devant la loi » est le fond de la pensée des rédacteurs ; mais ils n’ont pas pensé que les hommes ne seront vraiment égaux devant la loi que s’ils le sont