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ception ni dans ce programme, et même il ne respire que la terreur et l’horreur de toute liberté. Sauf l’égalité des biens possédés, ce programme est aussi despotique que celui des socialistes.

Je ferai remarquer, du reste, que les radicaux, qui, seulement par procédé électoral et pour lutter avec les socialistes en rivalisant avec eux, s’intitulent déjà radicaux-socialistes, seront forcés de devenir socialistes réellement. Car la fortune, ou simplement la propriété individuelle même la plus modeste, est une limite à l’omnipotence de l’Etat. On n’obtient pas, on ne peut pas obtenir la même docilité, la même servitude, la même obéissance passive à la « moitié plus un », d’un homme qui possède quelque chose que d’un homme qui ne possède rien. J’ai vingt fois fait remarquer qu’un homme qui possède est un Etat dans l’Etat, tout comme une congrégation, et seulement dans des proportions moins vastes. Les radicaux seront donc amenés peu à peu par les résistances qu’ils rencontreront, autant, du reste, qu’ils y seront poussés par leur clientèle, à se faire réellement socialistes. Les radicaux sont des étatistes. L’étatiste est un homme qui est en train de devenir socialiste, et s’il meurt sans l’être, c’est qu’il n’a pas assez vécu pour le devenir. Il n’y a pas plus de liberté dans la conception radicale que dans la conception socialiste ; il n’y a pas plus de liberté dans le programme radical que dans le programme socialiste ; il n’y