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donné. » Impossible d’être plus franc. Cela veut dire que la liberté d’enseignement n’existera plus en France, sera abolie en France, même pour les laïques. Car, se conformant strictement à l’avis du Conseil d’Etat, un inspecteur visitant une école parfaitement laïque, absolument laïque, pourra déclarer que, vu le caractère et la nature de l’enseignement qui y est donné, il n’est pas douteux que les professeurs ne soient des « interposés », et l’école sera fermée. Il n’existe en France aucune liberté d’enseignement. La liberté d’enseignement, reconnue implicitement par les deux Déclarations des Droits proclamée formellement et solennellement par la Constitution de 1793, par la Charte de 1830 et par la Constitution de 1848, fut abolie radicalement en France par la République française au commencement du xxe siècle.

Enfin, pour ce qui est de ce que j’appelle, d’un mot assez impropre, mais pour faire court, la liberté judiciaire, c’est-à-dire pour ce qui est du droit qui appartient aux citoyens de n’être jugés que par des juges indépendants, il en va exactement de la même façon. La liberté judiciaire n’existe pas en France. Elle n’existe pas et je l’ai assez prouvé au cours de ce volume pour n’y revenir que sommairement ; elle n’existe pas, parce que les magistrats, protégés dans leur indépendance par leur seule inamovibilité, ne sont indépendants que s’ils ne sont pas ambitieux, que s’ils sont résignés à la