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cement par des milices, ou par rien ; ils souhaitent l’abolition de la présidence de la République et, en attendant, ils font le président de la République aussi petit et aussi faible, à tout égard, qu’il soit possible.

Enfin ils veulent, et ardemment, un gouvernement fort, en quoi ils ont parfaitement raison ; mais fort contre qui ? Non pas contre l’étranger, mais contre quelque chose à l’intérieur, et c’est ce qui pour le moraliste est trop naturel et pour le politique est un objet de stupéfaction. Ils veulent, et, du reste, tous les partis avec eux, un gouvernement qui soit très fort, très armé de lois oppressives et réprimantes, très assuré du reste de l’impunité dans l’arbitraire, contre qui ? Contre une partie des citoyens français. Le démocrate a besoin d’un gouvernement fort contre l’aristocrate et le réactionnaire ; le libre penseur a besoin d’un gouvernement fort contre les moines, les prêtres et les religieuses ; le protestant a besoin d’un gouvernement fort contre les catholiques ; le catholique a besoin d’un gouvernement fort contre les protestants et les juifs ; et tous réclament un gouvernement fort contre une catégorie de leurs compatriotes, contre une partie de la France, laquelle partie, quelquefois, est même la majorité du peuple français.

Ainsi ils réclament, ils veulent et ils font un gouvernement faible contre l’étranger et fort à