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à ce point même qu’elle est plus qu’une liberté, qu’elle est un pouvoir et un pouvoir qui empiète sur le pouvoir législatif, puisque les magistrats judiciaires ont le droit de frapper une loi de caducité, de nullité. Pourquoi n’en serait-il pas de même en France ? Les nécessités de l’ordre intérieur s’y opposent-elles ? Non, pas plus qu’en Amérique, et l’on ne voit pas que l’ordre soit troublé là-bas parce que les magistrats n’obéissent pas au gouvernement, ni même parce qu’ils refusent d’appliquer une loi qu’ils jugent contraire aux institutions fondamentales. Une loi qui aurait dû n’être pas votée est comme si elle n’avait pas été votée, voilà tout. — Les nécessités de la défense s’y opposent-elles ? J’ai beau chercher, je ne le vois pas. Conclusion : par un procédé ou par un autre, la liberté judiciaire devrait être absolue en France, et la magistrature devrait y posséder les mêmes pouvoirs que la magistrature américaine.

J’ai considéré le principe là où il est appliqué plus complètement que nulle part ailleurs ; j’ai tenu compte, pour l’application du principe, des différences de situation, des nécessités différentes résultant des situations différentes ; j’ai fait les soustractions. Ces soustractions faites, les libertés en France devraient être ce que je viens de dire qu’elles devraient être.

Mais il est remarquable à quel point nos démocrates français, ceux qui se targuent d’être les