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à restreindre sa quantité de libertés C’est bien pour cela que, passionnés pour la liberté, ils ont compris qu’il ne fallait pas, malgré les différences de races et les conflits d’intérêts économiques, se séparer en deux peuples. Ce qui a vaincu dans la guerre de Sécession, et surtout ce qui a fait qu’elle ne s’est point renouvelée, c’est d’abord le principe d’union et l’idée de la « plus grande Amérique » ; c’est aussi l’instinct de liberté.

Tels qu’ils sont et tels qu’ils semblent destinés à rester longtemps, les Etats-Unis sont donc le peuple moderne : 1° qui est le plus passionné pour la liberté ; 2° qui peut pousser le plus loin possible l’application du principe de liberté. Ils peuvent donc servir comme d’exemple et comme d’idéal pratique, cette réserve faite qu’il est impossible à aucun peuple européen de pousser aussi loin qu’eux l’application du principe libéral et de faire à l’Etat aussi peu de sacrifices qu’ils en font.

Mais ce n’est pas une raison pour tout brouiller et pour dire sommairement : « A eux la liberté, et à nous la servitude. » Il faut voir simplement, d’une part, en eux l’idéal pratique, d’autre part, ce que, évidemment, étant données nos nécessités de défense, nous ne pouvons pas imiter d’eux, et faire tout bonnement une soustraction. Ce qu’ils font et qui ne compromettrait nullement chez nous l’ordre matériel à l’intérieur et la sécurité à l’extérieur, faisons-le sans aucune crainte ; ce qu’ils font et qu’é-