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réformes nécessaires à l’organisation d’une démocratie. Elle veut que la République soit une société vraiment équitable, où, dans un commun respect pour toutes les lois, le citoyen puisse avec sûreté jouir de tous ses droits, exercer toutes ses activités, trouver la juste récompense de son travail et de son mérite, enfin développer en toute liberté sa conscience et sa raison sous la sauvegarde de la neutralité absolue de l’Etat. »

Ceci, c’est le programme libéral lui-même, pensé par un homme qui se place surtout au point de vue de l’intérêt de l’Etat. Il me semble être la vérité sociale elle-même.

Je sais bien l’objection des autoritaires. Ils ne sont frappés — et qui pourrait s’en étonner ? — ils ne sont frappés que des emplois inutiles et stériles de cette activité libre que M. Léon Bourgeois et moi nous exaltons. Ils disent : « La liberté, cela ne sert qu’à quelques journalistes et à quelques orateurs de réunions publiques. Pour quelques mauvais écrivains qui n’écriront pas et quelques faiseurs de fautes de français qui ne parleront pas, le pays n’est pas affaibli, il n’est que plus tranquille. »

Il est vrai ; mais les emplois ridicules de la liberté ne sont que la rançon des excellents effets, plus obscurs d’abord, éclatants à la longue, qu’elle produit. Cette même liberté qui permet à ce raté d’écrire sur les choses du gouvernement et à ce maroufle d’exciter cinq cents alcooliques, elle