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trop dans la sienne. Donc la souveraineté parlementaire crie à la souveraineté des quatre millions d’électeurs qu’elle a derrière elle : « Ne soyez pas pour les droits de l’homme ! Ils ne sont favorables (et directement et personnellement et présentement, c’est vrai), ils ne sont favorables qu’à nos adversaires et aux vôtres ! Je suis perdu s’ils triomphent, et vous avec moi. Point de liberté de la presse, point de liberté d’association, point de liberté d’enseignement, point de liberté judiciaire, point de droit de résistance à l’oppression ! Ne donnez pas dans tous ces pièges ! »

Et la souveraineté des quatre millions d’électeurs crie de son côté à ses délégués : « Point de lois libérales, ou nous sommes perdus, vous et nous. Ce ne sont que des armes aux mains de nos ennemis communs. Plutôt des lois restrictives et oppressives ! Muselez-moi tous ces gens-là. S’ils peuvent parler, se réunir, s’associer, enseigner, avoir justice devant vos juges, résistera l’oppression, ils auront la majorité aux élections prochaines ! »

Ainsi les deux souverainetés se parlent et se répondent. Elles n’ont, bien entendu, aucune peine à se convaincre ; mais elles s’animent, s’excitent et se poussent l’une l’autre à l’état aigu. Pendant toute la durée du pouvoir d’un des deux partis qui se partagent le pays, les Droits de l’homme qui ont pu être proclamés et qui ont pu être acquis s’effritent et tombent en ruine singulièrement.