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valable que si elle est promulguée par le pouvoir exécutif, et encore (en Amérique) tenue pour bonne par le pouvoir judiciaire.

Dans ces conditions, le système parlementaire peut être considéré comme une précaution que les Droits de l’homme ont prise pour se défendre contre la souveraineté. Il semble qu’ils aient voulu, pour que la loi ne fût pas violatrice des droits de l’homme, d’abord qu’elle ne fût pas faite par le pouvoir exécutif, qui la ferait pour lui et de manière à s’assurer la souveraineté ; ensuite qu’elle ne fût pas faite par le pouvoir judiciaire qui la ferait à son profit et qui deviendrait une aristocratie ; ensuite qu’elle ne fût pas faite par le peuple ; car alors ce serait la liberté ; mais la liberté selon Rousseau, c’est-à-dire l’oppression de la moitié moins un des citoyens par la moitié plus un, ce qui est une horrible tyrannie ; ou bien plutôt, étant donnés les indifférents et les empêchés, l’oppression des deux tiers du pays par un tiers ; ou bien plutôt, étant donnés les femmes et les enfants, l’oppression des quatre cinquièmes du pays par un cinquième ; — qu’ils n’aient voulu aucune de ces tyrannies ; mais qu’ils aient voulu que la loi fût faite par de simples délégués qui n’auraient pas la prétention d’être tout le peuple et qui seraient perpétuellement ramenés devant le peuple ; et qu’encore ces délégués ne fissent la loi qu’avec maturité, c’est-à-dire à travers beaucoup d’obstacles, obstacles