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activité personnelle ou collective, sont-elles légitimes, ont-elles le droit d’être, peuvent-elles se réclamer d’un titre éternel, sont-elles une propriété inaliénable et imprescriptible ? Beaucoup l’ont cru, non point Rousseau, bien entendu, non point Voltaire ; mais Montesquieu et les auteurs des deux Déclarations des Droits de l’homme. Pour eux ces libertés étaient des Droits. L’homme a le « droit » d’aller et de venir sans être inquiété, surveillé, interrogé ; il a le « droit » de ne pas être arrêté, qu’il n’ait commis un délit très nettement spécifié par la loi : il a le « droit » d’exprimer sa pensée par la parole et par la plume sans être entravé ou molesté ; il a le « droit » d’avoir de la religion et de pratiquer la religion qui lui plait ; il a le « droit » d’enseigner ; il a le « droit » de s’associer à d’autres hommes pour une œuvre non immorale ou non criminelle ; il a le « droit » de posséder quelque chose ; et tous ces droits, non seulement l’Etat doit les respecter, mais il doit en protéger l’exercice et protéger et défendre les citoyens dans l’exercice qu’ils en font.

Au fond, l’on verra que je suis, en pratique, parfaitement de cet avis. Seulement je ne crois pas que les libertés et les activités, individuelles et collectives, soient des « droits » ; et je trouve que la question ainsi posée est mal posée, et qu’à la poser ainsi on risque d’arriver à des conséquences qui seraient très fausses et très dangereuses.