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tout ce qu’il veut ; que la majorité, c’est-à-dire la moitié plus un des votants, c’est-à-dire le tiers des électeurs, c’est-à-dire le dixième de la nation, peut gouverner la nation arbitrairement, comme un tyran ; ils ne proclament point l’absolutisme national. Non ; ils disent seulement ou du moins ils n’ont songé à dire que ceci : le pouvoir doit émaner du peuple ; ni une monarchie tenant son droit de sa naissance ni une aristocratie tenant son droit de sa naissance n’est selon le droit. L’article III de la Déclaration de 1789 est républicain. — « Déjà ? » — Oui. Il est républicain ; il n’est pas démocratique. Il n’est pas formellement démocratique. Le gouvernement arbitraire de la nation par la majorité de la nation ne semble pas être une idée des Constituants.

Elle n’est pas non plus une idée des Conventionnels, et même, et c’est ceci qui est bien curieux, la grande différence entre la Déclaration de 1789 et celle de 1793, c’est que celle de 1793, en même temps affirme plus énergiquement, plus solennellement et avec plus d’insistance la souveraineté nationale que n’avait fait la Déclaration de 1793 ; et en même temps prend des précautions contre l’abus que l’on peut faire du principe de la souveraineté et semble chercher à limiter l’application de ce principe. La Déclaration de 1793 dit avec la solennité un peu pompeuse qui est en quoi elle diffère littérairement de la Déclaration de 1789 : « La souveraineté réside