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teurs et vous leur communiquez votre pensée. Vous réunissez un certain nombre de collaborateurs et vous publiez un journal qui a un certain nombre de lecteurs. Ici l’égalitaire dresse l’oreille et il a parfaitement raison. Ce que vous venez de faire, le savez-vous ? Vous venez de créer une réunion, qui peut devenir une association, qui peut devenir congrégation, qui peut devenir une ligue ou une église. Une réunion suivie d’autres réunions, c’est une association. Un journal, c’est une association très nette des rédacteurs et des abonnés avec le directeur et du directeur avec les rédacteurs et les abonnés. Cette association d’orateurs et d’auditeurs, cette association d’écrivains et de lecteurs peut devenir une aristie, une classe, un ordre, un Etat dans l’Etat, etc. L’égalitaire a parfaitement raison de s’inquiéter.

Cela veut dire que les libertés intellectuelles rejoignent à un certain moment, très vite venu, la liberté d’association ; cela veut dire que les libertés intellectuelles ont leur instrument naturel et leur développement naturel dans la liberté d’association, et que par conséquent, non suspectes, en soi, à l’égalité, elles lui deviennent suspectes dès qu’elles prennent corps, organes et outils, ou pour mieux dire dès qu’elles sont vivantes. Un égalitaire sincère et logique dirait : « J’aime beaucoup les journalistes, à la condition qu’ils n’aient pas de lecteurs, les prédicateurs, à