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plusieurs longueurs de tête le niveau commun ou la moyenne, qui me mépriseront et à qui il viendra certainement à l’esprit de me gouverner, de m’asservir, de m’exploiter d’une façon ou d’une autre ; qui en tous cas me dépassent, me surpassent et m’humilient. Il ne faut pas d’instruction ; ou il faut l’instruction donnée la même à tous, entière à tous, « l’instruction intégrale ». Or qui donnera l’instruction la même à tous, qui la dispensera et la mesurera de telle manière que pas un enfant dans le pays, quelque riche qu’il soit, n’en recevra plus qu’un autre et que pas un enfant dans le pays, si pauvre qu’il soit, n’en recevra moins qu’un autre ? Qui ? l’Etat seul ; et l’Etat à la condition qu’il n’ait point de concurrents, lesquels choisiraient eux, selon la fortune ou selon ce qu’ils appelleraient le rang, ou selon ce qu’ils appelleraient des aptitudes extraordinaires, ou selon leurs sympathies personnelles ; et lesquels, notez ce point, pourraient donner une instruction supérieure à celle que donnerait l’Etat et créer ainsi des aristes, une classe, une caste, des supériorités, c’est-à-dire des supérieurs. Il ne faut pas qu’il y ait, par définition il ne peut pas y avoir de liberté de l’enseignement dans un pays égalitaire.

Vous prétendez exercer la liberté religieuse. C’est à peu près, au point de vue égalitaire, comme à tous les points de vue, du reste, la même question que celle de la liberté de l’enseignement.