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Il est vrai qu’elle était française et que les Français ne sont pas libéraux. Disons alors qu’elle avait deux raisons pour n’être pas libérale, dont l’une était qu’elle était française et l’autre qu’elle était aristocratie.


§ III. — LE SOCIALISME

Le socialisme, étant une transformation du monarchisme, ne peut guère être libéral. Il est même la forme aiguë de l’antilibéralisme. Il consiste en son fond, et en quelque variété ou sous-variété qu’on le considère, à désirer que tout soit fait par l’Etat, que tout soit réglé par l’Etat et qu’il n’y ait que l’Etat. C’est précisément l’idéal de la monarchie et c’est le sien.

Il n’y a d’autre différence entre la monarchie et lui que celle-ci, qu’en monarchie tout le monde est la chose d’un roi et qu’en socialisme tout le monde est la chose de tout le monde. Cette différence serait considérable si elle était réelle ; mais, bien entendu, elle ne peut être et elle n’est qu’apparente ; car comme il faut que quelqu’un de défini gouverne, tout le monde gouverne par l’intermédiaire d’un ou de plusieurs délégués, et ainsi, sous prétexte de gouvernement qui est la chose de tout le monde, tout le monde est gouverné soit par un représentant de tout le monde, soit par plusieurs représentants de tout le monde, et nous retombons soit dans la monarchie, soit dans l’aristocratie.