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cratie. J’appelle aristocratie l’oligarchie ; j’appelle aristocratie un petit groupe de citoyens qui gouverne et qui administre à l’exclusion des autres citoyens (Venise), ou une classe nombreuse qui exerce seule le pouvoir politique à l’exclusion des autres citoyens (France, 1815-1848). Je ne me servirai pas du mot aristocratie dans un autre sens.

Mais, depuis 1730 environ, le mot aristocratie est employé, abusivement ; improprement, dans une signification toute différente. Les hommes à tendances démocratiques ont appelé « aristocratie » ou « aristocratique » tout ce qui dans une nation se distingue du fond commun, de la foule, par une certaine cohésion, tout ce qui s’est groupé et forme groupe, toute association, tout faisceau, tout ce qui n’est pas « des individus ». L’Eglise, même depuis qu’elle n’est plus ordre de l’Etat avec privilèges politiques et pouvoir de judicature, est pour eux une aristocratie ; l’armée, qui précisément est dépouillée des droits politiques qui appartiennent aux autres citoyens, est une aristocratie ; la magistrature une aristocratie, la haute banque une aristocratie, etc.

Ce ne sont pas des aristocraties du tout, puisqu’elles ne gouvernent pas ; ce sont des « aristies », si l’on veut, ou plutôt ce sont des « corps constitués » au milieu de la masse amorphe ; ce ne sont pas du tout des aristocraties.

Ces deux choses sont si différentes qu’elles sont