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de la politique qui consiste dans le mépris des minorités.

Il ne faut pas s’y tromper. Dans un grand pays le libéralisme est une nécessité de conservation, et par conséquent le libéralisme est patriotisme. Le libéral n’est pas un songe-creux, un homme à idées générales, un idéologue, un abstracteur ; c’est un patriote. C’est un homme qui est effrayé de « l’émigration à l’intérieur » que produit toute victoire de parti et de passions de parti. C’est un homme qui aime mieux que quelques millions de Français n’aient pas ses idées, que non pas qu’ils cessent ou se déshabituent d’aimer la France.

L’homme de parti, au contraire, quelque fanatique qu’il soit ou qu’il croie être de « l’unité morale » du pays, est un homme qui n’aime pas son pays, ou qui n’y songe pas, ce qui est une manière, et la pire, de ne pas l’aimer. C’est un homme qui aime mieux que quelques millions de ses compatriotes aiment moins la France (qu’est-ce que cela fait ?) que non pas qu’ils aient et qu’ils manifestent des idées contraires aux siennes, ce qui est une chose bien autrement grave, puisqu’elle est criminelle. L’égoïsme et l’infatuation de l’homme de parti sont choses merveilleuses. Il s’y complaît ; mais en attendant il crée tous les jours quelques Français indifférents à la France et qui s’en détachent. Il n’y a rien de changé. Il n’y a que quelques Français de