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constituées d’un grand nombre de petites patries qui se sont groupées ou qui ont accepté d’être groupées pour être plus fortes contre un ennemi. L’Etat commun qui prétend en opprimer sept ou huit sur vingt, sous prétexte d’unité morale, ou parce que tel est son bon plaisir, commet un abus de pouvoir flagrant. Il profite, contre l’intérieur, d’une situation, d’une organisation qui n’a été désirée ou acceptée qu’en considération de l’étranger. Il fait « en grande patrie » ce qui ne serait permis, naturel, tolérable au moins « qu’en petite patrie », comme je l’ai dit plus haut. Dans un petit pays où il n’y a guère qu’une manière de penser, de croire, de se conduire, où il y a mêmes idées, mêmes opinions et mêmes mœurs, ne pas tenir compte de la minorité qui est toute petite, de la minorité qui est presque une excentricité, est raisonnable, à la rigueur. Mais dans un grand pays composé de vingt pays différents, c’est une tyrannie d’imposer la même toise et comme le même moule à vingt peuples, qui, à la vérité, qui, certes, veulent bien être le même peuple contre l’ennemi présent ou possible, veulent bien obéir aux mêmes lois pour que le corps de l’Etat soit consistant veulent bien obéir au même gouvernement pour que la force nationale soit aisément et rapidement mobilisable ; mais voudraient conserver quelque autonomie locale et des habitudes traditionnelles qui leur sont chères et des