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se dire : « Ce n’est pas trois noms qu’il faudra mettre sur le bulletin, non, nous serions battus ; c’est deux qu’il y faut mettre ; ce n’est pas cinq noms qu’il faut mettre, c’est quatre... » Il force à se dire cela et à répandre le mot d’ordre. Se dire cela après longues délibérations et répandre le mot d’ordre, cela ne se peut qu’au chef-lieu, en comité bien organisé et autoritaire et impérieux. Je n’aime pas beaucoup le comité de chef-lieu bien organisé, autoritaire et impérieux. Ce système ôte au suffrage universel de sa spontanéité. Il discipline et enrégimente le suffrage universel. Je n’aime pas beaucoup cela.

De plus il ankylose, si l’on me permet de parler ainsi, le suffrage universel. Il ne lui permet pas ces brusques revirements qui, je le reconnais, sont fort rares ; mais qui se produisent dans certaines circonstances et qui doivent se produire et qui, indiquant soit une révolte, soit simplement un changement de l’opinion publique, sont très intéressants à étudier et sont ce qu’il y a de plus important dans les manifestations du suffrage universel. Or le système que j’expose ne permet pas ces revirements.

Que fait-on en effet ? Dans chaque collège électoral on table sur les statistiques des dernières élections qui ont été faites, comme s’il n’y avait pas eu de changement ou comme s’il y avait eu un changement insensible, et il est certain qu’on