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CHAPITRE XII

DE LA LIBERTÉ DES FONCTIONNAIRES

Il paraît étrange qu’un auteur écrivant un petit traité sur les libertés nécessaires intitule un de ses chapitres « de la liberté des fonctionnaires ». Les fonctionnaires, semble-t-il au premier abord, ne devraient avoir aucune liberté, précisément en compensation de la puissance qu’ils détiennent. Ils sont les agents du pouvoir central ; ils n’ont du côté du public, dans la limite de leurs attributions, qu’à commander ; ils n’ont du côté du gouvernement qu’à obéir.

Ce serait la vérité même si l’ensemble des choses était ce qu’il devrait être, était normal, si l’Etat n’était que ce qu’il devrait être et ne faisait que ce qu’il doit faire, s’il ne s’occupait que de la police intérieure et de la défense extérieure. En ces deux choses, « en sa sphère », comme a dit Constant, « il ne saurait avoir trop de pouvoir, » et il doit avoir un pouvoir absolu, et par conséquent ses fonctionnaires ne doivent que lui obéir. Voyez-vous un commissaire de police délibérant sur les ordres qu’il reçoit du ministère de l’intérieur, un colonel discutant les ordres de son général, un