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très contesté. Il a besoin d’un coup d’épaule. »

Il brandissait la sienne. Evidemment il s’inquiétait beaucoup plus des élections que de ses cours. S’il avait été de l’opposition, les rapports de son recteur eussent porté : « Un peu négligent en son service. Ne s’occupe guère que de politique. » Mais il n’était pas de l’opposition. Il voulait devenir recteur. J’ai le plaisir d’apprendre au lecteur qu’il l’est devenu.

Inutile de dire que dans les pays de ce genre le corps des instituteurs ne peut être qu’une armée d’agents électoraux. Tout les y pousse. Leur propre passion ; car ils sont naturellement au moins les rivaux du curé, par ce seul fait que, sans le curé, l’instituteur serait l’homme le plus influent de la commune (aimeriez-vous mieux que l’instituteur fût subordonné au curé ? — Nullement ! Je voudrais que curé et instituteur fussent indifférents l’un à l’autre) ; leur éducation, qui est irreligieuse et qui dans des cerveaux qui ne sont pas d’une extrême finesse produit naturellement des idées et des tendances antireligieuses ; la nécessité enfin et surtout, le moment arrivant toujours où le préfet qui est leur vrai chef et le recteur de tout à l’heure leur demandent de donner un coup d’épaule à R… qui est très contesté. Dans les pays à enseignement d’Etat le corps enseignant a beaucoup trop de raisons de s’occuper beaucoup plus de politique que d’enseignement.