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condamner qui l’on veut. Il sera établi pour permettre, quand on sera en face d’un homme parfaitement bachelier, licencié, et irréprochable comme moralité, sitôt qu’on flairera le clérical, de le pousser vivement au cours de l’examen et de le refuser ; soit pour réponses contraires à l’esprit républicain, ou pour réponses trop précises et trop évidemment apprises par cœur, sans que le cœur y soit ; ou pour réponses nonchalantes indiquant le seul désir de se débarrasser de cette corvée ; ou pour réponses trop ardentes où l’ironie se trahira ; car, dans les quatre cas, notre homme ne sera évidemment pas apte à donner l’éducation rationnelle, critique, laïque, démocratique et sociale.

Tout cela revient à dire ce que les absolutistes disent sous toutes les formes, alors même qu’ils prétendent dire autre chose : « Nous ne voulons pour enseigner que des gens qui pensent comme nous et qui ne fassent que répéter mot pour mot les formules que M. le Ministre de l’instruction publique leur aura communiquées. Comme nous ne voulons qu’une religion d’Etat, c’est-à-dire un clergé domestiqué entre les mains du gouvernement, de même nous ne voulons qu’un enseignement d’Etat, et tout autre, quel qu’il puisse être, est proscrit. » Il est clair que deux siècles après Louis XIV on avait droit, — j’entends les naïfs qui croient que les hommes changent, — de s’attendre à autre chose, et que cette conception de la