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dans cette doctrine morale avec ceux qui la professent. Le christianisme était enfin une religion, dont le socratisme et le stoïcisme — peu aimés également des gouvernements civils de leur temps — n’avaient donné que des esquisses.

Les Romains, en conséquence, détestèrent le christianisme jusqu’à ce qu’ils furent forcés de le subir.

L’Etat anglais, l’Etat prussien, l’Etat russe détestèrent le christianisme sous une forme ou sous une autre, jusqu’à ce qu’ils l’eurent, plus ou moins réellement, absorbes en eux, en faisant du chef de l’Etat le chef de la religion ; et l’on peut dire qu’ils le détestèrent à tel point qu’ils voulurent l’absorber pour l’empêcher de leur nuire, ou pour pouvoir croire qu’il ne leur nuisait plus.

L’Etat français a détesté le christianisme sous toutes ses formes connues. Il l’a détesté sous forme de protestantisme, parce qu’il voyait bien que tout autant, et à cette époque plus encore, que le catholicisme, la nouvelle religion, malgré certaines alliances avec certains chefs d’Etat, était en son fond et avant tout, ou après tout, une protestation, non seulement contre Rome, mais contre tout ce qui tendait à confisquer la liberté des âmes, contre tout ce qui prétendait gouverner les esprits, et qu’au fond du protestantisme il y avait la liberté de penser, la liberté de parler, la liberté d’écrire et la liberté de croire autre chose