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CHAPITRE II.
CONCILIABULE.


À ce mot : « l’âme de Bluthaupt, » le valet Klaus laissa échapper encore un mouvement.

Yanos écoutait, l’oreille tendue et la bouche ouverte.

— Je me souviens, murmura Van-Praët ; on disait cela de mon temps.

— On le dit encore, poursuivit Petite ; et je ne vous ai pas appris ce qui est plus grave peut-être… on a vu dans les bois et dans le village des gens de Paris.

— Ah !… fit le docteur.

— Des gens du Temple ! reprit madame de Laurens ; de ces Allemands émigrés qui avaient quitté le Wurzbourg autrefois, pour ne point servir les meurtriers de Bluthaupt !

Par un mouvement instinctif, Mira, Van-Praët et le Madgyar lui-même tournèrent la tête, pour voir s’il n’y avait personne à portée d’entendre.

Klaus venait de quitter la chambre.

Aucun des associés ne remarqua que la porte restait légèrement entre-baillée.

— Ces gens de Paris, poursuivit madame de Laurens, d’après le dire de Johann, sont tous dévoués corps et âme à la mémoire de leurs anciens seigneurs… et je crois, moi, que le baron, changeant de partie, s’est