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CHAPITRE XV.
GAIETÉ DE JOHANN.


Quand le matin, Franz était sorti du château de Geldberg, il se croyait seul ; mais il avait un invisible compagnon, qui déjà, plus d’une fois, avait épié sa promenade solitaire.

Johann, le cabaretier de la Girafe, l’avait suivi de loin, depuis le haut de la montagne, et ne s’était arrêté qu’en le voyant au seuil de la maison de Gottlieb.

Il avait alors remonté la rampe de toute la vitesse de ses jambes et regagné le château.

Mâlou et Pitois étaient en vacances sans doute avec leurs épouses, car Johann, qui avait besoin d’aide, ne trouva ni l’un ni l’autre.

Quand les vétérans manquent, on se rabat sur les conscrits.

Quelques minutes après, on aurait pu voir Johann redescendre de la montagne, accompagné de Regnault.

Chacun d’eux portait sur l’épaule un fort levier de fer.

En arrivant aux environs de la perrière dont Franz avait fait le tour, ils ralentirent leur course et commencèrent à prendre des précautions. Johann prit les devants, et au lieu de suivre le sentier à pic qui conduisait à la cabane de Gottlieb, il se glissa de roche en roche jusqu’à la Tête-du-Nègre.