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QUATRIÈME PARTIE.


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LE CABARET DES FILS AYMON.




CHAPITRE ier.
AFFAIRE CONCLUE.


Nous reprenons notre histoire où nous l’avons laissée ; nous sommes encore au Temple, le soir du lundi gras de l’année 1844.

Les cabarets qui avoisinent le marché faisaient tous bonne recette. Bien que le lundi gras soit un jour de relâche entre les bombances du dimanche et l’orgie consacrée du mardi, il fait partie du carnaval et demande à être arrosé, ne fût-ce que modérément.

En conséquence, on buvait comme il faut tout autour du Temple ; le cidre et le petit vin blanc prodiguaient leurs flots aqueux. Les cabaret à la mode regorgeaient de chalands, ni plus ni moins que la veille, et déversaient le trop plein de leurs pratiques sur les guinguettes moins illustres qui prenaient ainsi part à l’aubaine.

C’était à peu prés l’heure où madame de Laurens descendait l’escalier roide et glissant de Batailleur pour gagner la place de la Rotonde. Comme nous l’avons dit, elle s’était arrêtée un instant au bout de la rue du Petit-Thouars, parce qu’elle avait cru reconnaître, à la lueur des réver-