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CHAPITRE XIII.
PETITE.


Madame de Laurens avait baissé son voile pour entrer dans la chambre où madame Batailleur et le dandy du quartier du Temple dînaient en tête à tête.

Le voile de Petite était très-beau, et si chargé de broderies qu’il valait un masque pour le moins.

Le dandy, qui se nommait Hippolyte, jeta de son côté un regard à la fois curieux et embarrassé. Il ne vit que le voile.

C’était un garçon haut en couleur avec de grosses mains et de grands pieds, point trop mal de figure et bâti à l’avenant.

Sa redingote de drap fin, odieusement collante, faisait vraiment tort à sa mine ; il eût été passable avec une casquette sur la tête et une blouse sur le dos.

Le costume qu’il portait le rendait évidemment très-fier. Il se sentait lion jusqu’au bout de ses ongles d’une propreté douteuse, et son regard s’abaissait de temps en temps avec une complaisance naïve vers les souliers vernis qui gênaient ses pieds noueux.

La position sociale de cet aimable garçon consistait à remplir les devoirs de favori auprès de madame Batailleur.

Il était peut-être fort intéressant dans le tête-à-tête, mais la vue d’une