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DEUXIÈME PARTIE.


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LA ROTONDE DU TEMPLE.




CHAPITRE ier.
TOILETTE DE GERTRAUD.


Cette nuit, on avait dansé au fond des rues sombres comme dans les quartiers opulents. Valentino avait fait concurrence à la salle Favart, l’Ambigu-Comique avait disputé les polkeurs au Prado, et les flonflons de Musard avaient éveillé les échos tragiques de l’Odéon étonné. On avait entendu le son des orchestres le long des larges voies du faubourg Saint-Germain ; le silence fashionable de ces nobles avenues qui bordent les Champs-Élysées avait été rompu. Les invalides s’étaient endormis au bruit des contre-danses du Gros-Caillou ; les valses du faubourg Saint Antoine avaient bercé le sommeil des Quinze-Vingts et des prisonniers de la Roquette.

De la Chaussée-d’Antin au quartier Mouffetard, de la porte Saint-Denis au Champ-de-Mars, ç’avait été une longue et large fête, des chansons sans fin, de joyeuses batailles, d’interminables éclats de rire.

On avait dansé à la Courtille, au Wauxhall, à l’Ermitage, à tous les