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V


Depuis huit jours, Mme Charlotte se désolait de ne savoir ce qu’était devenu son fils. Cette inquiétude grandissait chaque jour et devenait plus vive, malgré les dires rassurants de la Toinou.

— Ne vous faites pas de mauvais sang, dame ! il est bien trop adroit pour se laisser prendre ! Je mettrais mon cou à couper qu’à cette heure il est bien à l’abri quelque part où on n’ira pas le trouver !

Mais la mère, tourmentée, hochait tristement la tête sans répondre ; et ce noir chagrin, s’ajoutant à ses anxiétés sur le sort de Jouanny, l’accablait.

Un après-midi, comme la Toinou s’efforçait de la rassurer et de l’encourager, elles ouïrent un pas menu dans le corridor, et, soudain, dans l’embrasure de la porte de la cuisine ouverte, s’arrêta la Mondinette.

— Je parie qu’elle porte quelque bonne nouvelle ! s’écria la servante.