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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/85

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L’AMI FRITZ.

— Ah ! ça, monsieur Kobus, ce sont des cochinchinoises. Depuis deux ans, il y en a beaucoup dans le pays ; j’en avais vu chez Daniel Stenger, à la ferme de Lauterbach, et j’ai voulu en avoir. C’est une espèce magnifique, mais il faudra voir si ces cochinchinoises sont bonnes pondeuses. »

Ils étaient devant la grille de la basse-cour, et des quantités de poules grandes et petites, des huppées et des pattues, un coq superbe à l’œil roux, au milieu, se tenaient là dans l’ombre, regardant, écoutant et se peignant du bec. Quelques canards se trouvaient aussi dans le nombre.

« Sûzel ! Sûzel ! » cria le fermier.

La petite parut aussitôt.

« Quoi, mon père ?

— Mais ouvre donc aux poules, qu’elles prennent l’air et que les canards aillent à l’eau ; il sera temps de les enfermer quand il y aura de l’herbe, et qu’elles iront tout déterrer au jardin. »

Sûzel s’empressa d’ouvrir, et Christel se mit à descendre la prairie, Fritz derrière lui. À cent pas de la rivière, et comme le terrain devenait humide, l’anabaptiste fit halte, et dit :

« Voyez, monsieur Kobus, depuis dix ans cette pente ne produisait que des osiers et des flèches