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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/82

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L’AMI FRITZ.

paille, où des nichées de pierrots avaient élu domicile. Le chien Mopsel, un petit chien de berger à poils gris de fer, grosse moustache et queue traînante, venait se frotter à la jambe de Fritz, qui lui passait la main sur la tête.

C’est ainsi qu’au milieu des éclats de rire et des joyeux propos qu’inspirait à tous l’arrivée de ce bon Kobus, ils entrèrent ensemble dans l’allée, puis dans la chambre commune de la ferme, une grande salle blanchie à la chaux, haute de huit à neuf pieds, et le plafond rayé de poutres brunes. Trois fenêtres, à vitres octogones, s’ouvraient sur la vallée ; une autre petite, derrière, prenait jour sur la côte ; le long des fenêtres s’étendait une longue table de hêtre, les jambes en X, avec un banc de chaque côté ; derrière la porte, à gauche, se dressait le fourneau de fonte en pyramide, et sur la table se trouvaient cinq ou six petits gobelets et la cruche de grès à fleurs bleues ; de vieilles images de saints, enluminées de vermillon et encadrées de noir, complétaient l’ameublement de cette pièce.

« Monsieur, dit Christel, vous dînerez ici, n’est-ce pas ?

— Cela va sans dire.

— Bon. Tu sais, Orchel, ce qu’aime M. Kobus ?