Ouvrir le menu principal

Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/80

Cette page a été validée par deux contributeurs.
70
L’AMI FRITZ.

bienvenu. Vous nous faites un grand plaisir en ce jour ; nous n’espérions pas vous voir sitôt. Que le ciel soit loué de vous avoir décidé pour aujourd’hui.

— Oui, Christel, c’est moi, dit Fritz en donnant une poignée de main au brave homme ; l’idée de venir m’a pris tout à coup, et me voilà. Hé ! hé ! hé ! je vois avec satisfaction que vous avez toujours bonne mine, père Christel.

— Oui, le ciel nous a conservé la santé, monsieur Kobus ; c’est le plus grand bien que nous puissions souhaiter ; qu’il en soit béni ! Mais tenez, voici ma femme, que la petite est allée prévenir. »

En effet, la bonne mère Orchel, grosse et grasse, avec sa coiffe de taffetas noir, son tablier blanc et ses gros bras ronds sortant des manches de chemise, accourait aussi, la petite Sûzel derrière elle.

« Ah ! Seigneur Dieu ! c’est vous, monsieur Kobus, disait la bonne femme toute riante ; de si bonne heure ? Ah ! quelle bonne surprise vous nous faites.

— Oui, mère Orchel. Tout ce que je vois me réjouit. J’ai donné un coup d’œil sur les vergers, tout pousse à souhait ; et j’ai vu tout à l’heure le