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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/77

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L’AMI FRITZ.

tueuses, son église, sa fontaine Saint-Arbogast, sa caserne de cavalerie, ses trois vieilles portes décrépites où pendent le lierre et la mousse, était comme peint en bleu sur la côte en face ; toutes les petites fenêtres et les lucarnes sur les toits lançaient des éclairs. La trompette des hussards, sonnant le rappel, s’entendait comme le bourdonnement d’une guêpe. Par la porte de Hildebrandt s’avançait comme une file de fourmis ; Kobus se rappela que la veille était morte la sage-femme Lehnel : c’était son enterrement !

Après avoir vu ces choses, il se mit à traverser le plateau d’un bon pas ; et le sentier sablonneux commençait à descendre, lorsque tout à coup le grand toit de tuiles grises de la ferme, avec les deux autres toits plus petits du hangar et du pigeonnier, apparurent au-dessous de lui, dans le creux du vallon de Meisenthâl, tout au pied de la côte.

C’était une vieille ferme, bâtie à l’ancienne mode, avec une grande cour carrée entourée d’un petit mur de pierres sèches ; la fontaine au milieu de la cour ; le guévoir devant l’auge verdâtre ; les étables et les écuries à droite ; les granges et le pigeonnier surmonté d’une tourelle en pointe, à gauche ; le corps de logis au milieu. Derrière se