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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/73

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L’AMI FRITZ.

dit-il, on aurait dû tordre le cou de ce Gambrinus, lorsqu’il s’avisa de faire bouillir de l’orge avec du houblon. C’est une chose contraire à la nature de mêler le doux et l’amer ; les hommes sont fous d’avaler un pareil poison. Mais la fumée est cause de tout ; si l’on pouvait renoncer à la pipe, on se moquerait de la chope. Enfin, voilà. — Katel !

— Quoi, monsieur ?

— Je sors, je vais prendre l’air ; il faut que je fasse un grand tour.

— Mais vous reviendrez à midi ?

— Oui, je pense. Dans tous les cas, si je ne suis pas rentré pour une heure, tu lèveras la table, c’est que j’aurai poussé jusque dans quelque village aux environs. »

Tout en disant cela, Fritz se coiffait de son feutre ; il prenait sa canne à pomme d’ivoire au coin de la cheminée, et descendait dans le vestibule.

Katel ôtait la nappe en riant et se disait :

« Demain, sa première visite, après dîner, sera pour le Grand-Cerf. Voilà pourtant comme sont les hommes, ils ne peuvent jamais se corriger. »

Une fois dehors, Kobus remonta gravement la