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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/62

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L’AMI FRITZ.

— Non, monsieur, je n’oublierai rien ; on sera bien content. »

Elle s’échappa comme un oiseau de sa cage, et le vieux David, les yeux pétillants de joie, s’écria :

« Voilà ce qu’on peut appeler une jolie petite fille, et qui fera bientôt une bonne petite femme de ménage, je l’espère.

— Une bonne petite femme de ménage, j’en étais sûr, s’écria Kobus en riant aux éclats ; le vieux posché-isroel ne peut voir une fille ou un garçon sans songer aussitôt à les marier. Ha ! ha ! ha !

— Eh bien, oui ! s’écria le vieux rebbe, la barbiche hérissée, oui, j’ai dit et je répète : une bonne petite femme de ménage ! Quel mal y a-t-il à cela ? Dans deux ans, cette petite Sûzel peut être mariée, elle peut même avoir un petit poupon rose dans les bras.

— Allons, tais-toi, tu radotes.

— Je radote… c’est toi qui radotes, épicaures, pour tout le reste, tu parais avoir assez de bon sens, mais sur le chapitre du mariage, tu es un véritable fou.

— Bon, maintenant c’est moi qui suis le fou, et David Sichel l’homme raisonnable. Quelle diable d’idée possède le vieux rebbe, de vouloir marier tout le monde ?