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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/61

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L’AMI FRITZ.

— Oui, monsieur Kobus ; la terre est encore un peu fraîche, mais, depuis ces huit jours de soleil, tout vient ; dans une quinzaine nous aurons de petits radis. Ah ! le père voudrait bien vous voir ; nous avons tous le temps long après vous, nous attendons tous les jours ; le père aurait bien des choses à vous dire. La Blanchette a fait veau la semaine dernière, et le petit vient bien ; c’est une génisse blanche.

— Une génisse blanche, ah ! tant mieux.

— Oui, les blanches donnent plus de lait, et puis c’est aussi plus joli que les autres. »

Il y eut un silence. Kobus voyant que la petite avait bu son café, et qu’elle était tout embarrassée, lui dit :

« Allons, mon enfant, je suis bien content de t’avoir vue ; mais puisque tu es si gênée avec nous, va voir la vieille Katel qui t’attend ; elle te mettra un bon morceau de pâté dans ton panier, tu m’entends, tu lui diras ça, et une bouteille de bon vin pour le père Christel.

— Merci, monsieur Kobus, » dit la petite en se levant bien vite.

Elle fit une jolie révérence pour se sauver.

« N’oublie pas de dire là-bas que j’arriverai dans la quinzaine au plus tard, lui cria Fritz.