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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/50

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L’AMI FRITZ.

me flatter… Ah ! le vin ! comme il fait déjà chaud, nous le mettrons rafraîchir dans un baquet sous la pompe, excepté le bordeaux qui doit se boire tiède ; je vais prévenir Katel. — Et maintenant à mon tour, il faut que je me rase, que je me change, que je mette ma belle redingote marron. — Ça va, Kobus, ah ! ah ! ah ! quelle fête du printemps… Et dehors donc, il fait un soleil superbe ! — Hé ! le grand Frédéric se promène déjà sur la place ; il n’y a plus une minute à perdre ! »

Fritz sortit ; en passant devant la cuisine, il avertit Katel de faire chauffer le bordeaux et rafraîchir les autres vins ; il était radieux et entra dans sa chambre en chantant tout bas : « Tra, ri, ro, l’été vient encore une fois… yoû ! yoû ! »

La bonne odeur de la soupe aux écrevisses remplissait toute la maison, et la grande Frentzel, la cuisinière du Bœuf-Rouge, avertie d’avance, entrait alors pour veiller au service, car la vieille Katel ne pouvait être à la fois dans la cuisine et dans la salle à manger.

La demie sonnait à l’église Saint-Landolphe, les convives ne pouvaient tarder à paraître.