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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/47

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L’AMI FRITZ.

Kobus avaient toujours eu de quoi payer grassement les artistes chargés de transmettre leur effigie à la postérité. Fritz avait avec chacun d’eux un grand air de ressemblance, c’est-à-dire les yeux bleus, le nez épaté, le menton rond frappé d’une fossette, la bouche bien fendue et l’air content de vivre.

Enfin, à droite, contre le mur, en face de la cheminée, était le portrait d’une femme, la grand’mère de Kobus, fraîche, riante, la bouche entr’ouverte pour laisser voir les plus belles dents blanches qu’il soit possible de se figurer, les cheveux relevés en forme de navire, et la robe de velours bleu de ciel bordée de rose.

D’après cette peinture, le grand-père Frantz-Sépel avait dû faire bien des envieux, et l’on s’étonnait que son petit-fils eût si peu de goût pour le mariage.

Tous ces portraits, entourés de cadres à grosses moulures dorées, produisaient un bel effet sur le fond brun de la haute salle.

Au-dessus de la porte, on voyait une sorte de moulure représentant l’Amour emporté sur un char par trois colombes. Enfin tous les meubles, les hautes portes d’armoires, la vieille chiffonnière en bois de rose, le buffet à larges panneaux