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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/44

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L’AMI FRITZ.

vin jaune d’or, tellement délicat, qu’en le buvant il vous semblait sentir comme un parfum oriental se fondre dans votre bouche.

Kobus, se rappelant cela, fut content. Et, sans compléter le panier, il se dit :

« En voilà bien assez ; encore une bouteille de capucin, et nous roulerions sous la table. Il faut user, comme le répétait sans cesse mon vertueux père, mais il ne faut pas abuser. »

Alors, plaçant avec précaution le panier hors du lattis, il referma soigneusement la porte, y remit le cadenas et reprit le chemin de la première cave. En passant, il compléta le panier avec une bouteille de vieux rhum, qui se trouvait à part, dans une sorte d’armoire enfoncée entre deux piliers de la voûte basse ; et enfin il remonta, s’arrêtant chaque fois pour cadenasser les portes.

En arrivant près du vestibule, il entendit déjà le remue-ménage des casseroles et le pétillement du feu dans la cuisine : Katel était revenue du marché, tout était en train, cela lui fit plaisir.

Il monta donc, et, s’arrêtant dans l’allée, sur le seuil de la cuisine flamboyante, il s’écria :

« Voici les bouteilles ! À cette heure, Katel, j’espère que tu vas te surpasser, que tu nous feras un dîner… mais un dîner…