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Page:Erckmann-Chatrian - L’Ami Fritz.djvu/40

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L’AMI FRITZ.

Au premier tournant, et comme il allait entrer dans la seconde cave, sa vraie cave, la cave des bouteilles, il s’arrêta pour moucher la chandelle, ce qu’il fit avec les doigts, ayant oublié les mouchettes ; et, après avoir posé le pied sur le lumignon, il s’avança le dos courbé, sous une petite voûte taillée dans le roc, et, tout au bout de ce boyau, il ouvrit une seconde porte, fermée d’un énorme cadenas ; l’ayant poussée, il se redressa tout joyeux, en s’écriant :

« Ah ! ah ! nous y sommes ! »

Et sa voix retentit sous la haute voûte grise.

En même temps, un chat noir grimpait au mur et se retournait dans la lucarne, les yeux verts brillants, avant de se sauver vers la rue du Coin-Brûlé.

Cette cave, la plus saine de Hunebourg, était en partie creusée dans le roc, et, pour le surplus, construite d’énormes pierres de taille ; elle n’était pas bien grande, ayant au plus vingt pieds de profondeur sur quinze de large ; mais elle était haute, partagée en deux par un lattis solide, et fermée d’une porte également en lattis. Tout le long s’étendaient des rayons, et sur ces rayons étaient couchées des bouteilles dans un ordre admirable. Il y en avait de toutes les années, depuis